La peinture n’est pas juste une passion créatrice, elle aide à la survie. Celle-ci adoucit les mœurs et permet à l’artiste d’aplanir parfois les angles d’une société trop pragmatique et matérialiste à l’excès. Elle permet d’accéder à une forme de rêve, d’imaginaire. Le néophyte a sa place et ne doit en rien sous-estimer son rôle dans cet échiquier. Il n’est pas là pour disserter sur les nabis ou le fauvisme mais il doit juste laisser passer son émotion, ses sensations, son cœur. Les artistes oeuvrent continuellement pour donner à demain une nouvelle forme, un nouveau visage plus humain.

       

 

D’une peinture très spontanée, très enlevée, Nina glisse tout naturellement vers ce que sa personnalité lui  dicte véritablement, une recherche plus rigoriste, plus élaborée, un rendu  plus peaufiné n’admettant aucun hasard.

Ces deux façons d’appréhender la peinture, antinomiques en apparence, donnent naissance à une vision plus intime des choses.

       Perfectionniste, elle étudie sans relâche une technique datant du XVème siècle, à base de glacis, qui consiste à superposer des couleurs en transparence, jusqu’à en obtenir la teinte désirée. Travail de longue haleine, il oblige à un séchage minutieux entre chaque étape, intensifiant, réchauffant ainsi la couleur, lui donnant une belle profondeur, inégalable autrement.

       Partant du principe que la peinture n’est pas une science exacte mais juste un art empirique et, sachant que pourtant sans technique, même le génie n’est qu’une sale manie, Nina essaie d’inclure dans la nouvelle maîtrise de cet art, fort modestement, une pâte originale et personnelle, une lumière intérieure…

Elle tente également, d’adapter à une technique ancienne de cinq siècles, des sujets simples, actuels, tout à fait contemporains, extraits de son quotidien et donnant lieu à une peinture complètement personnelle, dynamique et gaie.

Sa palette haute en couleurs ne vous laissera pas de marbre et ce feu d’artifice saura vous persuader que le bonheur existe encore, que dans un monde de plus en plus difficile, il suffit parfois de passer le Pont et… d’ouvrir les yeux.

Nina Parra